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Dans la matinée du dimanche 28 octobre 2018, le Pape François a bouclé les travaux du Synode des évêques sur les jeunes, la foi et le discernement vocationnel, par une célébration eucharistique qu’il a lui-même présidée avec faste. Diverses questions ont été abordées au cours des échanges entre les différents participants à cette XVe Assemblée Générale, notamment les scandales d’abus sexuels et spirituels qui secouent l’Eglise, la question de survie (les fléaux du chômage, de la pauvreté et de la migration qui dressent un tableau sombre du drame de beaucoup de jeunes d’Afrique), le défi numérique, etc.

L’Eglise Catholique Romaine vient d’écrire une nouvelle page dans l’histoire de son pèlerinage sur Terre. Après les deux Synodes d’octobre 2014-2015 sur la famille, elle a vécu, pour la toute première fois, la XVe Assemblée Générale des évêques sur les jeunes, la foi et le discernement vocationnel. Il est logique que ce Synode des jeunes soit indissociable de celui ayant porté sur la famille, car, comme l’estimait Mgr Fridolin AMBONGO BESUNGU, Archevêque Coadjuteur de Kinshasa et Vice-Président de la Conférence Episcopale Nationale de la République Démocratique du Congo (CENCO) dans l’interview du 23 octobre 2018 accordée à Radio Vatican, « traiter de la question de la jeunesse c’est aussi parler de la famille qui est composée du père, de la mère et des enfants ».

C’est l’Eglise tout entière qui s’était mobilisée pour vivre cet évènement. Le ‘‘ton’’ a été donné par le Pape François qui, au cours de la célébration de la messe d’ouverture de l’assemblée synodale, conviait les 267 pères synodaux venus de tous les quatre coins du monde à élargir les horizons dans le but de « regarder directement le visage des jeunes et les situations dans lesquelles ils se trouvent ». Le Souverain Pontife mettra en exergue cette notion de proximité dans son homélie prononcée dans la Basilique Saint-Pierre de Rome, le dimanche 28 octobre 2018, à l’occasion de la clôture des travaux dudit Synode : « Que le Seigneur bénisse nos pas, afin que nous puissions écouter les jeunes, nous faire proches d’eux et leur témoigner la joie de notre vie : Jésus ».

Par ailleurs, ce Synode n’a pas seulement été une expérience de fraternité entre évêques, mais aussi un moment décisif pour ces derniers d’être les ambassadeurs de joies et peines, de doutes et angoisses, d’ interrogations et incertitudes des jeunes de leurs diocèses, de leurs pays, voire du monde entier. Puisque les problèmes auxquels ces derniers font face varient selon les continents, les pères synodaux ont évoqué diverses préoccupations qui hantent la jeunesse actuelle, dont les scandales d’abus sexuels et spirituels qui secouent l’Eglise, la question de survie, ainsi que le défi numérique. En ce sens, aucun jeune ne pourrait se sentir exclu, comme l’estime le Pape François, mais bien évidemment concerné par la tenue de la récente assemblée synodale.

Scandales d’abus sexuels et spirituels

La clôture de la XVe Assemblée Générale des évêques sur les jeunes, la foi et le discernement vocationnel a été sanctionnée par l’adoption d’un Document final qui retrace le parcours de ces assises allant du 03 au 28 octobre 2018. Ce texte de 60 pages fait mention de différents types d’abus (spirituels, économiques, sexuels, de pouvoir, de conscience) commis par certains évêques, prêtres, religieux et laïcs. L’Eglise entend prendre des mesures rigoureuses en vue d’empêcher la répétition de ces scandales qui la souillent. Aussi salue-t-elle le courage des jeunes victimes de quelque abus, qui ont eu à dénoncer le mal subi. Pour le Cardinal Blase JOSEPH CUPICH, Archevêque de Chicago (USA), transparence et responsabilité sont requises dans les dossiers liés aux abus sexuels commis sur les mineurs, car, affirme-t-il, « l’important, ce ne sont pas tant les paroles d’excuses ou la reconnaissance des fautes commises, mais une meilleure pratique pour éviter que de tels actes se répètent dans le futur ».

La question de survie

A en croire Mgr Fridolin AMBONGO BESUNGU, la question de survie résume la spécificité des problèmes des jeunes africains : les défis liés à la pauvreté, à l’analphabétisme, au chômage, à des crispations politiques, à la traite, à la drogue, etc. Pour l’Archevêque Coadjuteur de Kinshasa, « les jeunes africains veulent vivre et ils veulent vivre dignement », malgré l’hostilité de l’environnement sociopolitique dans lequel ils se trouvent. Sous le couvert de cet instinct de survie, ils se réfugient dans des sectes qui leur promettent un salut immédiat, et caressent l’espoir de braver les dangers du désert ou de la mer pour débarquer en Europe. Cette forme d’immigration clandestine et illégale est aussi signalée par Mgr Alexis ALY TAGBINO, évêque auxiliaire du diocèse de Kankan en Guinée. Quant au Document synodal, il tient le thème lié aux migrants pour ‘‘le paradigme de notre temps’’, et préconise aussi bien l’accueil de réfugiés que la promotion humaine.

Le défi numérique

S’il est des thèmes qui ont été largement abordés pendant le Synode des jeunes, le défi numérique ne fait aucunement piètre figure. L’on se souviendra de l’intervention du père Valdir José de Castro, Supérieur Général de la Société Saint-Paul, au cours de récentes assises. Axée sur le thème « Apprendre à habiter le monde numérique », sa contribution du 16 octobre 2018 reste empreinte d’une pertinence actuelle : « Les jeunes sont ceux qui connaissent le mieux la langue et la ‘‘grammaire’’ des réseaux sociaux. Ils sont donc ceux qui peuvent inculturer le mieux l’évangile dans cet environnement particulier ». En vrai fils de Jacques Alberione, fondateur de la Famille Paulinienne, le père Valdir a fait remarquer que si beaucoup de jeunes ne vont pas à l’Eglise, il revient donc à celle-ci (l’Eglise) de s’inviter chez ceux-là (les jeunes), à travers les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication.

Puisque le monde digital est un couteau à double tranchant, il s’avère important d’éduquer les jeunes à l’usage de différentes plateformes de communication. En ce sens, le travail de l’Eglise – comme l’a souligné Mgr Willy NGUMBI NGENGELE, évêque de Kindu, dans une interview du 24 octobre 2018 – doit être celui de ‘‘montrer l’aspect positif et celui négatif de l’utilisation de ces réseaux sociaux’’. Et l’évêque de Kindu de poursuivre : « C’est certes un moyen de communication, de rencontre avec les autres, de rapprochement, mais les jeunes devront avoir un esprit de discernement, quant à l’utilisation des réseaux sociaux ». En réalité, cette vision rime avec celle de Mgr Fridolin AMBONGO BESUNGU. Pour l’Archevêque Coadjuteur de Kinshasa, en effet, il est impossible, de nos jours, d’échapper au continent numérique. « Les jeunes sont accros à ces moyens de communication », remarque-t-il. « Je crois que nous ne devons plus faire l’économie de l’utilisation de ce nouveau moyen de communication. Parce que c’est là que nous pouvons vraiment atteindre les jeunes ».

Le Document final du récent Synode des évêques sur les jeunes, tout en prenant au sérieux les aspects négatifs et les vrais dangers d’internet (exploitation, manipulation, chantage, solitude, violence, pornographie, diffusion de ‘‘fake news’’ concernant l’Eglise ou le Pape), entrevoit, dans les médias sociaux, des outils efficaces d’évangélisation. Ceci rejoint non seulement la noble tâche apostolique que la Société Saint-Paul a héritée du bienheureux Jacques Alberione – annoncer le Christ, Maître, Voie, Vérité et Vie à travers la culture de communications sociales –, mais aussi le projet triennal (2018-2021) initié par les éditions Médiaspaul, dénommé : « Campagne d’éducation des parents et enfants au bon usage des médias sociaux pour la cohésion familiale ».

La récente assemblée synodale a donc tâché de cerner les questions que se posent beaucoup de jeunes répandus à travers le monde. Elle est un vent de Pentecôte qui vient de souffler au sein de l’Eglise. Puisse donc aucun jeune se sentir exclu de cette mouvance spirituelle !

 

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