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Le 19 mars 2020, la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) a fait quelques suggestions aux prêtres pour la célébration des sacrements en période d'urgence Covid-19. A la suite de la CENCO, dans le communiqué qui a annoncé la décision de suspendre les messes jusqu’à nouvel ordre, L’archevêque métropolitain de Kinshasa a invité les fidèles à continuer à suivre les messes à travers la Radio Catholique Elikya, la Radio Maria et la Radiotélévision Elikya.

Les suggestions proposées et la Tradition de l'Église sont en constante harmonie ; car l'impossibilité de célébrer les sacrements s'appuie sur le "votum sacramenti, comme l'enseigne effectivement le" baptême de désir ". Ceci mérite une réflexion plus approfondie[1].

Dans cette réflexion, nous nous référons à un auteur traditionnellement fiable, Saint Thomas d'Aquin en l’occurrence, qui parle du ‘’votum’’ avant tout par rapport au baptême. À cet égard, le Docteur Angélique déclare qu’« on peut être sans baptême en fait, mais pas exprès ». C'est le cas, par exemple, de quelqu'un qui « souhaite être baptisé, mais qui est accidentellement empêché, et meurt avant de recevoir le baptême. Celui-ci sans le baptême en cours [c'est-à-dire sans que le rite baptismal soit accompli] peut atteindre le salut en raison du désir de baptême, qui découle de la "foi qui opère par la charité" (Ga 5, 6), à travers laquelle [foi] Dieu sanctifie intérieurement l'homme ».

Pour clarifier le concept, Thomas reprend ce qu'avait dit saint Ambroise dans l'oraison funèbre de l'empereur Valentinien II, mort dans des circonstances mystérieuses alors qu'il était encore catéchumène: « J'ai perdu celui que j'allais régénérer, mais lui n'a pas perdu la grâce [baptême] qu’il a demandée ». Par conséquent, l'absence du rite baptismal n'implique donc pas l'exclusion de la grâce du baptême, qui peut être obtenue par le désir (ou votum) du baptême. Un désir qui est efficace non pas indépendamment du geste rituel du baptême, mais précisément parce qu'il lui est adressé.

Saint Thomas d’Aquin développe un discours similaire en affirmant que l'effet de la communion eucharistique (union avec le Christ par la foi et la charité) peut être obtenu par le désir [votum] de communion, sans qu'elle soit reçue en fait. Dans ce cas, il n'y a que la nourriture spirituelle de l'Eucharistie qui ressemble au baptême du désir. Et aussi dans ce cas, le désir [votum] est efficace non pas quel que soit le geste de recevoir la communion, mais précisément parce qu'il s'adresse à ce geste. Pour cette raison, le désir de recevoir enfin le pain eucharistique doit être nourri.

À cette fin, l'initiative qui semble avoir le plus de résonance est la proposition que les diocèses, les paroisses et les communautés pastorales font aux fidèles pour "assister" par la télévision, la radio ou en streaming à la célébration de la messe, présidée par l'évêque ou le curé, avec un nombre très réduit de personnes présentes. Cette manière de participer à la célébration a certainement l'avantage de vous faire ressentir, en quelque sorte, la proximité de votre évêque, de votre curé et de la communauté chrétienne; et, pour les personnes âgées et les personnes seules, c'est probablement le seul moyen d'intégrer correctement la prière personnelle.

Cependant, à long terme, ces images d'évêques et de prêtres célébrant l'Eucharistie dans des environnements presque vides risquent d'induire (ou de recentrer) deux visions déformées: celle selon laquelle la masse est fondamentalement "quelque chose" qui appartient aux évêques et aux prêtres et celle selon laquelle la participation à la liturgie peut se réduire à une vision et à un sentiment, certes dévoués mais, au final, plutôt passifs. Peut-être alors, au moins dans certains cas, ‘’l'assistance virtuelle’’ en masse pourrait être complétée par une autre initiative.

Imaginez une famille avec papa, maman et enfants, forcément enfermés dans la maison : à l'heure convenue, nous nous retrouvons tous dans la salle à manger ou au salon. Un crucifix est posé sur la table, une icône, une image sacrée à laquelle nous sommes attachés, devant laquelle nous allumons une bougie. Un moment de silence pour nous rassembler et créer le détachement nécessaire de ce que nous faisions auparavant. Puis, on entonne une chanson, un signe de croix, une prière pour nous reconnaître comme pécheurs et la proclamation des lectures de la messe du dimanche (facilement téléchargeables sur internet), évidemment avec les adaptations nécessaires liées à l'âge des enfants. Après avoir écouté Dieu nous parler, nous lui parlons avec des invocations spontanées, récitons le Notre Père et (s'il n'y a pas de contre-indications liées au virus) nous échangeons un signe de paix.

A cet effet, nous n'avons pas simplement "lu les lectures de la messe"; nous avons célébré la liturgie de la Parole, en mettant en jeu notre sacerdoce baptismal et en donnant activement vie à un rite qui, dans des circonstances concrètes, a toute la dignité d'un geste véritablement ecclésial. De plus, nous avons réalisé qu'il manquait quelque chose: ce n'est pas seulement la communion, mais aussi la présentation des dons, la prière eucharistique, les frères et sœurs qui célèbrent habituellement avec nous. Et le désir (le votum) de pouvoir revenir le plus tôt possible à cette forme de célébration où tout le monde est présent sera dignement ravivé.

 

[1] De l’article de Don Pierpaolo CASPANI, Professeur au séminaire de Milan publié sur https://www.chiesadimilano.it

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