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L’usage de téléphones dits « intelligents », de Smartphones ou Androïdes, laisse planer une inquiétude : l’intimité que divers jeunes partagent avec leurs portables est révélatrice d’un certain nombre de comportements qui frisent quelquefois nos valeurs morales, voire nos convictions religieuses.

L’ère du numérique nous impose ses caprices. Il est indéniable que les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) pèsent de leur poids sur beaucoup de jeunes, précisément sur les jeunes congolais. Aujourd’hui, plus qu’hier, il est devenu peu commode d’accéder aux différentes options d’un téléphone cellulaire qui n’est pas sien. Nombreux sont ces jeunes garçons et filles de la génération dite « génération @ » ou « génération selfie », qui se dépensent à munir leurs portables des contenus de toutes sortes et de tous acabits : vidéos, livres téléchargés, album de photos, morceaux de musique… Pour échapper à la vigilance de toute tierce personne qui aimerait explorer même le point le plus caché de leur cellulaire, d’aucuns recourent à des « schémas », à des « mots de passe » ou « codes ». Est-ce donc par confidentialité ou par pure intimité qu’ils le font ?

Le fond de nos téléphones est un abime qui dissimule plusieurs secrets. Une dizaine de jeunes n’a pas hésité à nous avouer les éventuelles raisons qui justifieraient le fait que beaucoup de consommateurs de la civilisation numérique s’activent à verrouiller ou à déverrouiller leurs tablettes, ordinateurs, Smartphones… soit en insérant un code (mot de passe) qu’ils gardent sous le sceau du secret, soit en dessinant un schéma sur l’écran. Mais dans le présent article, nous n’allons retenir que deux de ces témoignages : celui de Michel et d’Aline.

Michel, un jeune congolais âgé de dix-huit ans et vivant actuellement à Bukavu, a consenti à nous faire part de sa petite expérience : « Je constate que beaucoup de jeunes, plus particulièrement ceux de ma ville et de mon âge, se payent le luxe d’insérer des contenus malsains et obscènes, des messages érotiques (des textos, voire des sextos), tout comme des options superficielles et trop peu édifiantes qui les tirent vers le bas. Et, ils ne se dispensent pas de s’échapper au contrôle de leurs parents ou tuteurs, en conditionnant l’accès au menu de leurs cellulaires par un mot de passe. » Aline, quant à elle, nous a paru ouverte. Son avis n’a pas semblé diverger totalement de celui de Michel. La spontanéité de cette kinoise âgée de vingt-deux ans, se laisse lire à travers ces mots : « Les schémas, les codes, et d’autres options du même genre, me permettent de prévenir ces voleurs impénitents qui pullulent à travers la ville de Kinshasa. Ils pourraient avoir beau piquer mon iPhone sans qu’ils s’en servent convenablement. Il leur manquera le schéma que j’ai toujours gardé secret. En plus de cela, ajoute-t-elle, ce fameux schéma me met à l’abri de toute personne curieuse et étrangère à mon portable, eu égard aux conneries que je fais dans mes conversations avec les ami(e)s sur ma page Facebook, ou sur mon profil Whatsapp.»

Il se peut que les avis émis par Michel et Aline reflètent plus ou moins l’image de plus d’un jeune congolais. Car, Il n’est plus étonnant que le téléphone soit réduit plutôt à un outil de lecture d’une vidéo à caractère pornographique ou de contenus divertissants, qu’à une plateforme d’évangélisation, d’instruction ou d’éducation. Il se révèle que quelques-unes de ces discussions oiseuses et peu constructives engagées à longueur des journées en groupe ou cercle d’amis sur des réseaux sociaux (Facebook, Watsapp, etc.), s’accompagnent parfois du transfert de quelque sexto. Les parents ont-ils raison d’évoquer à leurs enfants leur propre passé qu’ils estiment glorieux et élogieux, quand leurs rejetons s’adonnent à l’industrie du sexe et aux perversions sexuelles de toutes sortes (masturbation, homosexualité, etc.) suite au deuxième tranchant que présente le couteau de la culture numérique ?

«La jeunesse est l’espoir de demain », comme on aime à le répéter. Il s’observe alors que nous, jeunes congolais, ne sommes pas seulement la relève et l’élite d’un futur fuyant, mais aussi de l’instant présent. Ainsi la révolution technologique ne doit-elle pas nous couvrir de tous ses draps qui peuvent égratigner la pudeur et le bon sens. Un usage responsable et judicieux de tous ces mobiles qui répondent aux normes de nouvelles technologies, nécessiterait que la priorité soit accordée plutôt aux contenus édifiants et pertinents (des livres, des notes de cours, de la bonne musique, des conversations subtiles…) qu’à des images qui trahiraient une certaine obscénité. Alors nos téléphones intelligents ne pourront rien cacher, si ce n’est que les grains de la morale, du savoir et d’un sain divertissement.

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